jeudi 4 octobre 2018

La Librairie de tous les possibles, Shinsuke Yoshitake




Titre : La Librairie de tous les possibles 
Auteur : Shinsuke Yoshitake
Genre : Bande dessinée 
Maison d’édition : Milan
Date de publication : septembre 2018
Nombre de pages : 106
Note : 4,5/5






Quatrième de couverture :

Bienvenue dans la librairie de tous les possibles !


Mon avis : 

La Librairie de tous les possibles s’ouvre sur une boutique spécialisée dans un genre quelque peu inhabituel pour le commun des mortels : les livres qui parlent de livres. Elle est dirigée par un professionnel qui a toujours une pile d’ouvrages à proposer à ses clients, quelle que soit la demande de ces derniers. Ainsi, au fur et à mesure de cette bande dessinée, nous allons donc prendre connaissance d’œuvres toutes plus extraordinaires les unes que les autres, depuis le robot assistant de lecture à l’art d’emballer les livres, en passant par la bibliothèque sous l’eau. À chaque page tournée, de nouvelles créations issues de l’imagination de Shinsuke Yoshitake émerveilleront tous les chanceux qui tiendront cette œuvre entre leurs mains.

Les idées véhiculées dans ces planches sont très poétiques. Je n’ai pas pu m’empêcher de laisser mon côté fleur bleue s’exprimer en découvrant le concept de romans à lire à deux. J’ai trouvé la possibilité d’un mariage en lecture tout aussi romantique, originale, et tout simplement géniale ! J’ai adoré la présentation des différents amoureux des livres, et je dois bien avouer que je me suis reconnue dans certains d’entre eux. J’ai été amusée et mon âme de petite fille a refait surface lorsque j’ai pris connaissance de la raison pour laquelle, selon l’auteur, les livres sont rectangulaires. En bref, le contenu de La Librairie de tous les possibles est vraiment magique.

Les dessins relativement épurés laissent place à notre imagination. Colorés et expressifs, ils nous embarquent dans le monde onirique de la littérature. Après la lecture d’un tel ouvrage, je crois que je ne verrai plus les romans trônant fièrement dans ma bibliothèque du même œil. Je recommande cette bande dessinée à tous les amoureux des livres, je suis quasi certaine que vous serez conquis. Quant à moi, je ne doute pas que je me replongerai avec délice dans certaines de ces planches de temps à autre.

dimanche 30 septembre 2018

Bilan mensuel : septembre 2018

Ce mois-ci, j'ai lu un peu moins que ce que j'aurais souhaité, mais avec la reprise du travail, je n'ai pas eu autant de temps à consacrer à la lecture que je l'aurais voulu. Par ailleurs, je me suis inscrite au challenge Au fil des saisons et des pages.

En septembre, j'ai lu et chroniqué cinq livres, dont deux mangas, quatre très bonnes lectures et un coup de cœur.


http://www.mapetitebibliotheque.net/2018/09/les-prenoms-epicenes-amelie-nothomb.htmlhttp://www.mapetitebibliotheque.net/2018/09/innocent-volume-1-shinichi-sakamoto.htmlhttp://www.mapetitebibliotheque.net/2018/09/une-braise-sous-la-cendre-sabaa-tahir.htmlhttp://www.mapetitebibliotheque.net/2018/09/planetes-integrale-makoto-yukimura.htmlhttp://www.mapetitebibliotheque.net/2018/09/un-merci-de-trop-carene-ponte.html


Pour la première fois depuis l'ouverture de ce blog, j'ai abandonné une lecture. Si le synopsis de Pornarina m'avait intriguée et si le début était très original, avec des personnages hors du commun et un style un peu gothique, l'auteur me mettait de plus en plus mal à l'aise. Arrivée à la moitié, j'ai préféré arrêter ma lecture. 



Quant à ma PAL, elle a accueilli quelques petits nouveaux (pour être plus précise, quatorze livres, dont un a déja été lu et chroniqué ). J'avais promis d'être plus sage qu'en septembre : mission accomplie !



En octobre, Audrey et moi-même ferons notre premier de SWAP ensemble. J'ai hâte !


Merci à tous ceux qui sont passé sur le blog ce mois-ci. J'espère que le mois de septembre vous a permis de faire de belles découvertes livresques, et je vous souhaite un mois d'octobre avec plein de coup de cœur livresques et de lectures frissonnantes pour Halloween !

samedi 29 septembre 2018

Les Prénoms épicènes, Amélie Nothomb




Titre : Les Prénoms épicènes 
Auteure : Amélie Nothomb
Genre : Contemporain
Maison d’édition : Albi Michel
Date de publication : août 2018
Nombre de pages : 162
Note : 4/5 Coup de cœur !








Quatrième de couverture :

« La personne qui aime est toujours la plus forte. »


Mon avis : 

Une courte introduction nous présente un homme quitté par la femme qu’il aime, Reine. Cette dernière a choisi d’épouser un certain Jean-Louis, car il a de grands projets professionnels dans la capitale. L’homme esseulé se fait la promesse de se venger. Nous faisons ensuite la connaissance de Dominique, une secrétaire d’une vingtaine d’années habitant en Bretagne. Celle-ci rencontre un individu d’environ son âge, Claude, qui lui demande très rapidement sa main. Ils vont tous deux s’installer à Paris, le jeune marié ayant de grandes ambitions… Ensemble, ils auront une fille, qu’ils prénommeront très logiquement Épicène.

J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce roman d’Amélie Nothomb. Tout d’abord, j’ai été immédiatement embarquée par l’intrigue. L’introduction a attisé ma curiosité, puis j’ai suivi avec un réel intérêt l’histoire de Dominique, oubliant presque les premières pages, qui ont refait surface tel un uppercut. La narration est rapide, du fait de la brièveté du récit, mais l’auteure semble avoir ici épuré son livre de tout superflu pour aller directement à l’essentiel. Elle embarque ainsi son lecteur par la main, qui va à son tour refuser de lâcher Les Prénoms épicènes. Et la fin… Quelle fin ! Elle m’a laissé bouche bée tant elle m’a paru parfaite. Et au regard de cette conclusion, on s’émerveille devant le génie de cette écrivaine.

Revenons aux protagonistes mis en scène. Il y a donc Claude, un homme quelque peu antipathique. Dès le début, on se méfie de lui – et encore, on est loin de s’imaginer jusqu’à quel point cet être peut être machiavélique. Dominique est tout d’abord sur la réserve, ne comprenant pas comment Claude a pu tomber à ce point amoureux d’elle aussi rapidement. Puis elle va céder à la passion, et se donner corps et âme à celui qu’elle considère comme l’homme de sa vie. De leur union naîtra Épicène, mais Claude ne parviendra pas à se comporter comme un père aimant. Peu importe, Épicène ne l’aimera pas non plus, et compensera en aimant deux fois plus sa mère. J’ai particulièrement apprécié le personnage d’Épicène, qui appréhende l’existence avec une maturité étonnante et un certain détachement.

J’ai été bluffée par la plume d’Amélie Nothomb. Les termes ont été savamment choisis et sonnent incroyablement juste. Elle m’a totalement embarquée dans son récit, tant ton style d’écriture m’a conquise. On dirait qu’elle économise ses mots comme s’il s’agissait de précieux trésors, et au fur et à mesure des pages, on découvre de petits diamants. Elle fait également des clins d’œil à son lecteur, mentionnant par exemple ce champagne qu’elle aime tant et qui la caractérise.

Pour être totalement transparente, ce n’est pas le premier ouvrage que je lis d’elle, mais c’est la première fois que je suis autant touchée, comme si j’avais enfin quelque peu compris qui était cette femme hors du commun. La Masterclasse de France Culture qui lui a été consacrée (disponible en Poadcast) n’y est sans doute pas étrangère. Et pour être tout à fait honnête, j’ai très envie de (re)découvrir ses autres romans avec un œil neuf. Madame Nothomb, chapeau bas !

dimanche 23 septembre 2018

Planètes (intégrale), Makoto Yukimura




Titre : Planètes
Auteur : Makoto Yukimura
Genre : Manga, Seinen, Science-fiction.
Maison d’édition : Panini Manga
Date de publication : octobre 2015
Nombre de pages : 1040
Note : 4/5







Quatrième de couverture :

En 2075, la conquête spatiale a fait d'énormes progrès. Une colonie minière s'est notamment établie sur la Lune et une mission vers Jupiter se prépare. Mais toute cette activité a entraîné l'augmentation des débris en orbite autour de la Terre. Leur collecte a donné naissance à un nouveau métier : les éboueurs de l'espace.
Entre attentats terroristes, angoisse existentielle et relations humaines compliquées, Planètes suite le quotidien de Hachimaki, un Japonais qui rêve de posséder son propre vaisseau, Yuri, un Russe hanté par la mort de sa femme, et Fi, une Américaine colérique qui a laissé sa famille sur Terre.


Mon avis : 

Comme je ne suis pas une férue de science-fiction, Planètes n’est pas un manga vers lequel je me serais dirigée de moi-même. Mais suite aux différents posts de Lemon June sur Instagram, j’ai eu envie de lui donner sa chance. Et comme j’ai bien fait !

L’histoire se déroule à la fin du XXIe siècle, et nous allons tout d’abord faire la connaissance de trois personnages qui sont des éboueurs de l’espace. Leur mission est de ramasser les déchets qui gravitent autour de notre planète avant que ceux-ci pénètrent dans notre atmosphère ou viennent frapper d’autres vaisseaux. Ils sont tous les trois très différents, mais complémentaires. Hachimaki est un Japonais parfois un peu immature, donc le rêve est d’avoir son propre vaisseau spatial et de découvrir des lieux où l’homme n’est jamais allé ; Fi est une Américaine au caractère bien trempé et plutôt sanguin ; Yuri, un Russe qui a perdu une part de lui-même dans la galaxie. Bien que la narration soit surtout focalisée sur Hachimaki, qui rêve de faire partie de l’équipe d’astronautes qui va se rendre en mission sur Jupiter, le mangaka s’attarde également sur les histoires de Fi et de Yuri, mais aussi sur d’autres protagonistes qui vont faire leur apparition par la suite, décrivant ainsi tout un panel d’individus.

Planètes se déroule sur plusieurs années, ce qui nous permet d’assister à l’évolution des personnages. Par conséquent, leur façon de voir leur relation à l’espace se modifie, et ils vont s’inscrire dans toute une dynamique, puisque nous allons découvrir leur passé, leur enfance, sans oublier leurs proches qu’ils retrouvent lors de leurs vacances sur Terre. Bien évidemment, il est avant tout question de conquête spatiale, mais aussi d’amitié, d’amour. Notre astronaute japonais, qui était au début relativement centré sur lui-même, va découvrir petit à petit que la famille et les amis sont des valeurs nécessaires à son équilibre. Il apprendra à comprendre la signification des propos de sa mère lorsqu’elle dit qu’un astronaute devrait toujours s’assurer de pouvoir rentrer en vie quand il part en mission, car il s’agit d’un métier profondément dangereux.

Makoto Yukimura s’intéresse beaucoup à la psychologie de ses personnages, qui vont chacun à leur manière connaître des troubles psychiques. En effet, on ne s’aventure pas plusieurs mois ou années dans l’espace en y vivant des expériences mettant en péril son existence sans que cela ait des conséquences. Il se concentre sur l’immensité du vide par le biais de ses dessins, ce qui peut engendrer dans certaines circonstances quelques troubles chez nos héros, mais aussi mettre le lecteur mal à l’aise. Il aborde également des thèmes importants, tels que le terrorisme, la guerre, la place de l’homme dans l’univers, son désir d’expansion et de contrôle. Il ancre son récit dans le réel en mentionnant des figures de l’histoire comme le cosmonaute Youri Gagarine ou l’astronaute Neil Armstrong, ainsi que de grands événements de la conquête spatiale. Il évoque parfois quelques points techniques que je n’ai pas toujours compris, mais cela ne gêne en rien la lecture.


dimanche 16 septembre 2018

Une braise sous la cendre, Sabaa Tahir





Titre : Une braise sous la cendre
Titre VO : An Ember in the Ashes
Auteure : Sabaa Tahir
Genre : Fantasy, Jeunesse
Maison d’édition : Pocket Jeunesse
Date de publication : octobre 2015
Nombre de pages : 528
Note :4/5








Quatrième de couverture :

« Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l’école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t’écraserai. »
Autrefois l’Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l’empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d’écrire s’expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d’élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté… et sauver ceux qu’ils aiment.


Mon avis : 

Les Martiaux sont désormais à la tête de l’Empire, et les Érudits sont devenus des esclaves. Lorsque Laia, qui appartient à cette seconde catégorie voit ses grands-parents se faire tuer et son frère emprisonner à cause de dessins qu’il avait faits, elle décide de gagner le rang de la Résistance, espérant ainsi trouver des individus qui lui viendront en aide. Elias, fils de la Commandante des Martiaux, se refuse quant à lui à son destin de Mask. Mais on n’échappe pas aussi facilement à ce que la vie nous réserve, surtout quand les Augures ont des plans tout tracés pour nous…

C’est donc l’histoire de ces deux personnages que nous allons découvrir, dans ce monde pour le moins hostile. En effet, les chapitres nous proposent une narration alternée, dans laquelle Laia et Elias prennent la parole à tour de rôle. La focalisation interne nous permet d’avoir connaissance de leurs moindres pensées, et c’est par ce procédé que nous apprivoisons au fur et à mesure l’univers créé de toutes pièces par l’auteure, entre le désert, le camp de Blackliff, où s’entraînent et vivent les Masks, les Augures et la Commandante, ou encore les villes environnantes. Elle met en place un monde qui n’existe nulle part ailleurs, et j’ai beaucoup apprécié d’y être plongée dès les premières pages pour le découvrir petit à petit. Nous sommes ainsi immédiatement dans l’action, plutôt qu’ennuyés par de longues descriptions.

J’ai aimé ces deux personnages, avec leurs forces et leurs faiblesses. Laia est une érudite loin d’être faite pour mener un quelconque combat, et par amour pour son frère et afin de sauver celui-ci, elle va se rendre auprès de la Résistance, dont les membres vont lui demander d’infiltrer Blackliff en tant qu’esclave en échange de leur aide. Bien que terrorisée par le danger qu’elle court en faisant une telle démarche, elle va surmonter sa peur, car son frère compte sur elle. Elias, quant à lui, est forcé de participer aux épreuves qui pourraient faire de lui le nouvel Empereur, alors que son rêve est de quitter cette vie marquée par la mort et le sang qu’il fait couler. L’un comme l’autre descendent de parents connus pour leurs actes et admirés par certains, même si ce n’est du tout pour des raisons semblables. J’ai apprécié la finesse psychologique de ces deux protagonistes, qui sont constamment tiraillés entre leur devoir et leurs envies. Ils sont également des amis sincères pour leurs proches. Au fur et à mesure du récit, ils vont se croiser à plusieurs reprises, et j’ai aimé l’évolution de leurs interactions. Les autres individus mis en scène dans le roman font tous l’objet d’un réel soin de la part de Sabaa Tahir.

L’écriture de l’auteure est très accrocheuse, et elle parvient à mener son intrigue d’une main de maître, dosant savamment le suspense et les découvertes que l’on fait en tournant les pages. J’ai beaucoup aimé les divers rebondissements et retournements de situation. L’évolution des personnages est cohérente, et la fin en adéquation avec le reste de l’ouvrage. Il me tarde désormais d’avoir le deuxième tome, qui s’intitule Une flamme dans la nuit, en ma possession !

http://www.mapetitebibliotheque.net/p/deux-filles-une-etagere.html